Blanquette de veau traditionnelle : recette à l’ancienne et sauce crémeuse
La blanquette de veau fait partie des grands plats mijotés de la cuisine française. Sa particularité tient autant à la tendreté de la viande qu’à sa sauce claire et veloutée : contrairement à un bourguignon ou à une daube, le veau n’est pas recherché pour sa coloration. Il cuit doucement dans un bouillon parfumé avant d’être accompagné d’une sauce réalisée à partir de ce même jus de cuisson.
Carottes, poireau, champignons de Paris, petits oignons, crème et une touche de citron complètent cette blanquette de veau traditionnelle, idéale pour un déjeuner familial ou un repas dominical.
La recette demande un peu de temps, mais aucune technique réellement compliquée. Le secret consiste surtout à laisser frémir la viande sans la brusquer et à terminer la sauce sans la faire bouillir après l’ajout du jaune d’œuf.
Qu’est-ce qu’une blanquette de veau traditionnelle ?
Le mot blanquette vient de blanc. Larousse la définit comme un ragoût de viande blanche cuit dans un fond blanc puis accompagné d’un velouté lié à la crème et à l’œuf. Larousse
La couleur claire du plat n’est donc pas un hasard.
Dans une préparation classique, on retrouve généralement :
- du veau à mijoter ;
- des carottes ;
- du poireau et parfois du céleri ;
- un oignon et un bouquet garni ;
- des champignons de Paris ;
- des petits oignons ;
- un roux au beurre et à la farine ;
- de la crème ;
- du jaune d’œuf ;
- une touche de citron.
Les recettes historiques ne sont toutefois pas toutes identiques. Paul Bocuse prépare par exemple sa version à l’ancienne avec du flanchet, des carottes, du poireau et une sauce enrichie de crème, tandis que d’autres versions de référence emploient plusieurs morceaux de veau et une liaison aux œufs. L’Académie du Goût
La recette proposée ici reprend donc les grands principes traditionnels, sans prétendre qu’il existe une unique formule immuable.
Un classique de la cuisine française
La blanquette est profondément associée à la cuisine familiale et bourgeoise française.
L’historien de l’alimentation Jean-Louis Flandrin lui a même consacré un ouvrage intitulé Blanquette de veau : histoire d’un plat bourgeois, référencé par la Bibliothèque nationale de France. BnF Catalogue
Au fil du temps, la recette a connu de nombreuses interprétations, mais son identité demeure reconnaissable : une viande très tendre, une cuisson douce et une sauce blanche onctueuse.
C’est ce caractère généreux qui en fait encore aujourd’hui l’un des plats mijotés français les plus emblématiques. L’Académie du Goût la présente également comme un grand classique du patrimoine culinaire français.

Quel morceau de veau choisir ?
Le choix de la viande est déterminant pour obtenir une blanquette de veau fondante.
Les morceaux adaptés à une cuisson longue sont notamment :
- l’épaule ;
- le flanchet ;
- le tendron ;
- le collier ;
- la poitrine.
L’Académie du Goût recommande notamment collier, épaule et poitrine pour la blanquette, tandis que différentes recettes de chefs associent épaule, flanchet, jarret ou jumeau. L’Académie du Goût
Mon choix pour cette recette
Je conseille de mélanger :
800 g d’épaule + 400 g de tendron ou de flanchet.
L’épaule apporte une viande régulière et tendre tandis qu’un morceau légèrement plus riche en collagène donne davantage de profondeur au bouillon et de moelleux après cuisson.
Votre boucher peut directement préparer les morceaux en cubes de 4 à 5 cm.
Faut-il faire revenir le veau ?
Pour cette version : non.
On cherche précisément à conserver une viande claire et un bouillon pâle.
Déposez donc les morceaux de veau dans une cocotte, couvrez-les d’eau froide puis portez progressivement à frémissement.
Lorsque les petites impuretés remontent à la surface, retirez-les avec une écumoire.
Cette technique est également utilisée dans plusieurs recettes classiques : chez Paul Bocuse, le veau est couvert d’eau puis écumé avant l’ajout des aromates.
Les légumes qui donnent du goût au bouillon
Une bonne blanquette ne repose pas uniquement sur la viande.
Pendant la cuisson, ajoutez :
carotte, poireau, céleri, oignon, thym, laurier et persil.
Ils vont progressivement parfumer le liquide de cuisson.
L’oignon peut être piqué de deux clous de girofle, une technique traditionnelle que l’on retrouve également dans les recettes de référence. L’Académie du Goût
Ne faites pas bouillir violemment le bouillon.
Il doit simplement frémir doucement.
Comment obtenir une viande vraiment fondante ?
Trois règles sont importantes.
Des morceaux réguliers
Des cubes de taille similaire cuisent de manière homogène.
Une cuisson douce
Une forte ébullition contracte les fibres de la viande.
Maintenez plutôt un léger frémissement.
Du temps
Comptez environ 1 h 20 à 1 h 40, selon le morceau et la taille des cubes.
Paul Bocuse donne d’ailleurs un bon repère : une blanquette réussie doit devenir suffisamment tendre pour que la viande se coupe facilement.
La sauce : le véritable secret de la blanquette de veau
C’est la partie qu’il faut particulièrement soigner.
Une bonne sauce de blanquette de veau ne doit être :
- ni liquide comme un bouillon ;
- ni épaisse comme une béchamel ;
- ni farineuse ;
- ni trop acide.
Elle doit napper légèrement la cuillère.
On commence par préparer un roux clair avec du beurre et de la farine.
Le bouillon de cuisson filtré est ensuite incorporé progressivement pour obtenir un velouté.
Enfin viennent la crème, le jaune d’œuf et un peu de citron.
Pourquoi ajouter du citron ?
Le citron n’est pas destiné à donner un goût citronné au plat.
Quelques gouttes suffisent pour apporter une légère acidité qui équilibre :
- le beurre ;
- la crème ;
- la douceur naturelle des légumes.
Larousse présente également des versions classiques dans lesquelles la liaison finale associe jaune d’œuf, crème et citron. Larousse
Commencez avec une cuillère à soupe de jus, goûtez puis ajustez.
Comment éviter que la sauce tranche ?
Voici le point technique essentiel.
Lorsque le jaune d’œuf est incorporé :
la sauce ne doit plus bouillir.
Mélangez le jaune avec le citron et un peu de sauce chaude afin de le tempérer.
Versez ensuite le mélange dans la cocotte hors du feu.
Remettez éventuellement sur feu très doux quelques instants, mais sans atteindre l’ébullition.
Une température trop élevée ferait coaguler le jaune et donnerait une sauce granuleuse. Larousse recommande également de ne plus porter la préparation à ébullition après cette liaison.
Champignons et petits oignons : les finitions qui changent tout
Dans beaucoup de recettes de famille, les champignons de Paris et les petits oignons glacés sont préparés à part avant d’être ajoutés au plat.
C’est une excellente méthode.
Pourquoi ?
Parce qu’elle permet :
- de garder des champignons plus savoureux ;
- d’éviter qu’ils détrempent trop la sauce ;
- de conserver de la texture ;
- d’obtenir une présentation plus soignée.
Je te conseille donc de :
- faire revenir doucement les champignons au beurre ;
- glacer les petits oignons séparément avec un peu d’eau, de beurre et une pincée de sucre.
Puis de les incorporer en fin de cuisson.
Avec quoi servir une blanquette de veau ?
La blanquette de veau traditionnelle s’accompagne très bien de :
- riz blanc ;
- pommes de terre vapeur ;
- tagliatelles fraîches ;
- purée maison.
Le riz reste l’accompagnement le plus classique, car il absorbe parfaitement la sauce.
Le matériel utile pour préparer la blanquette de veau
Une grande cocotte
Indispensable pour faire mijoter la viande doucement et confortablement.
Une écumoire
Très pratique pour retirer les impuretés au début de cuisson.
👉 Voir une écumoire de cuisine
Une sauteuse ou une poêle
Utile pour cuire séparément les champignons et les petits oignons.
Un fouet
Il aide à obtenir une sauce lisse lorsque tu incorpores le bouillon au roux.
Une passoire fine ou un chinois
Parfait pour filtrer le bouillon avant de préparer la sauce.
D’autres recettes du Potager Gourmand à découvrir
Si vous aimez les recettes familiales, généreuses et faciles à partager, poursuivez votre découverte avec d’autres classiques déjà publiés sur Le Potager Gourmand.
Pour rester dans l’esprit de la cuisine française traditionnelle, découvrez notre Quiche Lorraine traditionnelle, préparée dans sa version classique avec lardons, œufs et crème.
Pour une recette plus méditerranéenne, mais tout aussi familiale, notre Ratatouille provençale accompagne parfaitement les viandes, le riz ou simplement une tranche de bon pain.
Vous pouvez également préparer notre Sauce tomate maison au basilic, une excellente base pour les pâtes, les gratins et de nombreux plats du quotidien.
Et pour terminer le repas sur une note simple et gourmande, le Gâteau au yaourt moelleux reste une valeur sûre pour toute la famille.
Une cuisine maison qui commence aussi par de bons produits
La blanquette de veau n’est pas une recette du potager au sens strict, mais elle s’inscrit très bien dans une cuisine maison où les légumes d’accompagnement ont toute leur importance.
Carottes, poireaux, céleri, oignons, persil : ce sont des bases que l’on retrouve dans de très nombreuses recettes du quotidien.
Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin dans une démarche plus autonome, Semences du Jardin propose des conseils et des semences reproductibles pour construire un potager plus productif et durable.
👉 Découvrir les conseils et semences sur Semences du Jardin
Tu peux orienter cette partie vers l’idée suivante :
cultiver davantage → cuisiner maison → mieux manger → limiter le gaspillage
FAQ – Blanquette de veau traditionnelle
Blanquette de veau traditionnelle : recette à l’ancienne et sauce crémeuse
Plat : plat principalCuisine : françaiseDifficulté : intermédiaire6
personnes30
minutes1
heure40
minutes520
kcalUn grand classique de la cuisine française, avec du veau mijoté doucement, des légumes fondants et une sauce blanche crémeuse liée à la crème, au jaune d’œuf et au citron.
Ingredients
- Pour la viande et le bouillon
1,2 kg de veau à blanquette (épaule, tendron, collier ou flanchet)
3 carottes
1 poireau
1 branche de céleri
1 oignon
2 clous de girofle
1 bouquet garn
sel
poivre
- Pour la garniture
250 g de champignons de Paris
12 petits oignons
20 g de beurre
- Pour la sauce
40 g de beurre
40 g de farine
20 cl de crème fraîche
1 jaune d’œuf
1 c. à soupe de jus de citron
50 cl à 70 cl de bouillon filtré selon texture souhaitée
Directions
- Blanchir et démarrer la cuisson
Déposer le veau dans une cocotte, couvrir d’eau froide, porter doucement à frémissement puis écumer soigneusement. - Ajouter les aromates
Incorporer les carottes, le poireau, le céleri, l’oignon piqué de clous de girofle et le bouquet garni. Saler légèrement puis laisser mijoter à feu doux environ 1 h 20 à 1 h 40. - Préparer les légumes de finition
Nettoyer les champignons et les faire revenir doucement au beurre. Cuire les petits oignons à part jusqu’à ce qu’ils soient tendres. - Filtrer le bouillon
Retirer la viande et filtrer le jus de cuisson. Réserver la viande au chaud. - Préparer le roux
Faire fondre le beurre dans une casserole, ajouter la farine et mélanger 1 à 2 minutes sans coloration. - Monter la sauce
Ajouter progressivement le bouillon filtré en fouettant pour obtenir un velouté lisse. - Finaliser la sauce
Ajouter la crème. Mélanger le jaune d’œuf avec le citron et un peu de sauce chaude, puis verser hors du feu dans la sauce sans laisser bouillir. - Assembler
Remettre la viande, les champignons et les petits oignons dans la sauce. Réchauffer très doucement. - Servir
Servir bien chaud avec du riz blanc, des pommes de terre vapeur ou des tagliatelles fraîches.
Notes
- Ne pas faire bouillir après ajout du jaune d’œuf.